Dans le cadre d’un appel à projet lancé en 2016, la SBF a accordé un financement de recherche à l’équipe de Yohan Pillon, chercheur à l’UMR LSTM à Montpellier et à ses collègues Daniel Petit, Christelle Gady, Marilyne Soubrand, Emmanuel Joussein et Gaëlle Saladin du pôle de recherche pluridisciplinaire PEIREINE de l’Université de Limoges.

Lande – photo : Y. Pillon

Cette équipe vient de publier les résultats de ses travaux dans la revue « Plant & Soil« .

Le résumé de l’article traduit en français :

La co-existence d’un grand nombre d’espèces de plantes en compétition pour les même ressources essentielles (lumière, minéraux, etc.) est une question fondamentale en écologie, en particulier lorsque les espèces sont étroitement apparentées. Une étude a été menée sur l’écologie de six bruyères (Calluna vulgaris et Erica spp., Ericacées) qui peuvent cohabiter dans les mêmes landes.

L’ionome, c’est à dire la composition minérale de ces plantes, a été caractérisé avec une méthode d’échantillonnage permettant d’exclure les biais liés à la composition du sol. Neuf communautés de bruyères ont été étudiées dans le Limousin, représentant huit combinaisons différentes d’espèces sur serpentine et d’autres substrats géologiques.

Les résultats montrent que l’ionome est influencé à la fois par des facteurs environnementaux et des facteurs taxonomiques, avec une interaction significatives entre ces deux paramètres. Des espèces de bruyères poussant sur le même site ont des profils ionomiques distincts, leurs compositions minérales sont différentes, ce qui suggère qu’elles n’ont pas les mêmes stratégies nutritives. Des associations mycorhiziennes différentes pourraient expliquer ces différences de signature chimique, mais cela reste à démontrer.

L’usage différentiel des minéraux du sols pourrait permettre à plusieurs espèces de plantes étroitement apparentées de cohabiter sur un même site. Il pourrait également expliquer la très forte diversité de certains écosystèmes arbustives ou de certains genres comme Erica. L’ionomique est donc un outil prometteur pour des études écologiques sur les espèces sauvages.

La référence de l’article :

Pillon, Y., Petit, D., Gady, C. et al. (2018) Ionomics suggests niche differences between sympatric heathers (Ericaceae). Plant Soil (online first) – https://doi.org/10.1007/s11104-018-3870-8