Retrouvez sur cette page les annonces de parutions d’ouvrages touchant de près ou de loin au monde de la botanique.

Parutions d’ouvrages

Janvier 2023

Crises sanitaires en agriculture

par Christian Lannou, Jean-Yves Rasplus, Samuel Soubeyrand, Mathieu Gauthier, Jean-Pierre Rossi, coord.

La question des crises sanitaires causées par des bioagresseurs envahissants est essentielle en agriculture. L’intensification des échanges internationaux depuis le début du XXe siècle a provoqué une augmentation du nombre d’introductions d’espèces exotiques. Les conséquences peuvent être dramatiques pour les cultures, comme le montrent le cas de la bactérie Xylella fastidiosa qui a ravagé les oliviers en Italie du Sud ou celui des scolytes du genre Xylosandrus qui menacent de nombreuses espèces d’arbres. Bien que les réglementations sanitaires nationale et internationale soient extrêmement strictes, elles ne parviennent pas toujours à éviter l’arrivée puis l’installation d’un nouveau bioagresseur.

Comment les invasions se produisent-elles ? Comment se propagent-elles ? Pourquoi sont-elles si fréquentes ? Quels sont les outils de détection et d’identification disponibles pour suivre ces populations et retracer leurs origines ? Quels modèles permettent d’analyser le risque, de le prévoir et d’optimiser la surveillance en conséquence ? Enfin, comment s’organise la société face à ces crises ?

Cet ouvrage s’appuie sur les travaux récents de chercheurs de renommée internationale en épidémiologie, en entomologie, en génétique et en modélisation. Il fait un point complet sur le sujet, afin de mieux comprendre la biologie des bioagresseurs envahissants, de venir en soutien des politiques de surveillance et de proposer des solutions lorsque la crise sanitaire est inévitable. Cette synthèse très complète s’adresse à un public professionnel, mais aussi à tout lecteur désireux de s’informer sur les crises sanitaires en agriculture.

Boomerangs

Comment la mise à mal de notre environnement met en danger la santé humaine

par Guillaume Decocq

Par ses activités, l’homme perturbe la biosphère et les écosystèmes. Directement ou indirectement, il provoque des dysfonctionnements écologiques créant un effet domino qu’on peut aussi décrire comme un effet boomerang : l’agression de l’environnement par l’homme finit par se retourner contre sa propre santé… Boomerangs revient avec une grande clarté sur ces différentes conséquences sanitaires qui ponctuent notre quotidien : omniprésence des plastiques et des perturbateurs endocriniens, exposition aux pesticides, pollutions chimiques et biologiques, maladies infectieuses émergentes, etc. Sont ainsi successivement détaillés les risques «naturels », les conséquences sanitaires de l’introduction de substances d’origine synthétique dans les chaînes alimentaires, de la perturbation des grands cycles des éléments – en particulier de celui du carbone, responsable des changements climatiques actuels -, et des atteintes portées à la biodiversité. Un livre qui sonne comme un avertissement, mais qui est également un plaidoyer pour une véritable écologie de la santé. Il montre pourquoi une vision globale des interactions entre l’homme, l’environnement et la santé est indispensable pour s’attaquer à la crise écologique avant qu’elle ne dégénère en catastrophe sanitaire.

Guillaume Decocq est vice-Président de la SBF. Il est Professeur en pharmacie à l’université de Picardie Jules-Verne et praticien hospitalier au Centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie. Il dirige l’unité mixte de recherche CNRS « Écologie et Dynamique des Systèmes anthropisés ». Il est également membre de la section « Sciences appliquées à la santé environnementale » de l’Académie nationale de Pharmacie.

Décembre 2022

Ernest Cosson Saint-Charles

Botaniste-explorateur
De Paris à Alger, en passant par Dordives
L’humanité du scientifique

par Anne-Marie Slézec

Né à Paris en 1819, dans une famille de commerçants, Ernest Cosson Saint-Charles aurait dû embrasser la carrière de son père, négociant en métaux précieux, mais il a une passion : la nature et, plus précisément, la botanique. Il décide donc de suivre des études de médecine et assiste ainsi aux cours et démonstrations de botanique tant à l’École de médecine de Paris qu’au Muséum national d’Histoire naturelle.

Avec son ami Ernest Germain de Saint-Pierre, ils herborisent aux environs de Paris et publient, en 1845, La Flore des environs de Paris. L’ouvrage est un succès. Reconnus dans le monde des naturalistes et botanistes, en 1954, les « deux Ernest » créeront la Société botanique de France.

Ernest Cosson sait fédérer bon nombre de scientifiques ou amateurs éclairés pour collecter des plantes lors des campagnes d’explorations qu’il dirige. À 33 ans, il se voit confier, par les scientifiques du Muséum et le gouvernement français, les explorations en Afrique du Nord. À l’issue de huit campagnes, menées de 1852 à 1880, il laisse une œuvre majeure, la Flore d’Algérie, et partiellement de la Tunisie et du Maroc.

Ernest s’éteint le 30 décembre 1889. En 1906, sa famille lègue au Muséum national d’Histoire naturelle les collections Cosson : plus de 500 000 planches d’herbier et sa bibliothèque. Si ce legs renseigne sur son travail de botaniste, on sait peu de choses sur Ernest Cosson qui fut également médecin et élu local, au conseil départemental du Loiret.

En hommage à son épouse décédée, Élisabeth Fougeras de Lavergnolle, descendante d’Ernest Cosson à la quatrième génération, Bruno de Villepin a souhaité ouvrir les archives familiales, conservées au château de Thurelles, afin que nous en sachions plus sur cet homme simple, libre et passionné. Il a confié l’écriture de ce livre à Anne-Marie Slézec, biographe de Jean-Henri Fabre, un autre illustre botaniste français.

Novembre 2022

Charles Naudin à Collioure

Un jardin d’acclimatation au carrefour des sciences (1868-1878).

par Laurence Gillery

Art et nature sont, à Collioure, intimement liés. C’est sur son sol et sous son climat que l’on a vu germer les essences les plus exotiques et s’épanouir les ­ fleurs les plus colorées de la Modernité.

C’est là que le botaniste Charles Naudin (1815-1899), venu s’installer dans le petit port méditerranéen, va œuvrer pendant dix ans, de 1868 à 1878, à acclimater des plantes tropicales au sein de son étonnant jardin. Un jardin proche du Douy où il introduit avant l’heure palmiers, dattiers, magnolia, agrumes… essences rares en provenance de Chine, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud.
Il découvre et étudie également des espèces endémiques comme le Poncire de Collioure.

Naudin correspondait avec d’éminents spécialistes, toutes disciplines confondues, de Thuret à Darwin. Il a également échangé avec les hommes de sciences du pays tel le pharmacien Paul Oliver. Collioure a donc été le creuset d’une tâtonnante et foisonnante science botanique qui prenait ses marques dans la Modernité.

Quelques années plus tard, en 1906, Henri Matisse (1869-1954) marche dans les pas de Charles Naudin et pousse la porte de ce jardin d’Eden pour y poser son chevalet. Frappé par l’abondance de cette nature luxuriante, ses toiles retranscrivent la richesse de la végétation, faisant de Collioure un paradis miraculeusement préservé.

Laurence Gillery à travers ce livre rend hommage au travail de ce prégénéticien novateur et ébauche le portrait de ce scientifique méconnu du grand public, Charles Naudin.

Septembre 2022

Une histoire des jardins potagers.

par Yves-Marie Allain

Depuis le Moyen Âge, le jardin potager a été tantôt glorifié et admiré, tantôt déclassé, méprisé et rejeté, pour finalement disparaître, avant de réapparaître sous des formes multiples depuis quelques décennies.

L’évolution de sa perception et de sa place se retrouve depuis les jardins seigneuriaux comme Villandry, Valmer ou la Roche-Guyon… sans oublier le Potager du roi à Versailles, jusqu’aux jardins de la bourgeoisie, en passant par les jardins ouvriers ou familiaux apparus au XIXe siècle, ou les jardins partagés de la fin du XXe siècle.Le jardin potager a sa propre personnalité, sa propre fonctionnalité. C’est cette histoire complexe entre des plantes et un lieu, entre une quête de nourriture et une recherche d’esthétisme, qui nous est contée ici avec passion.

Sans toutes ces transformations formelles, ces introductions de plantes, cette diversité de formes, de volumes, de textures, de couleurs, nos jardins potagers-fruitiers-bouquetiers d’aujourd’hui n’auraient pas gagné toute leur place dans notre quotidien.