Notre séance de Novembre, délocalisée à Marseille, aura lieu sur deux jours, du vendredi 21 novembre 14h au dimanche 23 novembre 12h. Elle est organisée en partenariat avec l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et Ecologie (IMBE). Toutes mes informations pratiques ci-dessous.
Rendez-vous vendredi 21 Novembre à partir de 14h dans l’Espace Pouillon du Centre Saint Charles d’Aix-Marseille Université, situé au 3 place Victor Hugo 13331 Marseille. Pour participer en présentiel, merci de renvoyer votre fiche d’inscription complétée avant le 20 Novembre à notre collègue organisateur, Thierry Gauquelin (thierry.gauquelin@imbe.fr) en mettant en copie notre Secrétaire Générale (secretariat@societebotaniquedefrance.fr). Il vous sera également possible de suivre la séance en visioconférence en cliquant sur ce lien.
Vendredi 21 Novembre : après-midi de conférences
– 14h30-14h55 – Accueil, par Elisabeth DODINET Présidente de la SBF et Présentation de l’IMBE, par Brigitte TALON, MCF HDR et Directrice adjointe de l’IMBE.
– 14h55-15h20 – Identification moléculaire et évaluation de la diversité des espèces méditerranéennes du genre Romulea, par Alex BAUMEL, MCF HDR, IMBE
– 15h20-15h45 – Des refuges pour la biodiversité ? Perspectives d’un observatoire bioclimatique dans le massif de la Sainte-Baume, par Laureline LECLERC, Doctorante IMBE.
– 15h45-16h10 – Pause
– 16h10-16h35 – Contributions Réciproques entre la Société et la Nature dans les paysages du Haut Atlas du Maroc, par Meryem AAKAIRI, Doctorante IMBE, Lauréate du prix Jeunes talents France L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science.
– 16h35-17h00 – Etude ethnopharmacologique de plantes médicinales provençales : exemple de l’Arnica de Provence, par Béatrice BAGHDIKIAN, MCF HDR IMBE/Faculté de Pharmacie.
– 17h00-17h25 – Genévriers et rhododendron : des milieux de falaises aux milieux supraforestiers, par Frédéric GUIBAL, chargé de recherche CNRS, IMBE et Loïc FRANCON, MCF IMBE.
Samedi 22 Novembre : Excursion botanique
Excursion botanique dans les Calanques de Marseille conduite par Daniel Pavon (IMBE), coauteur de la Flore remarquable des Bouches-du-Rhône, en partenariat avec la Société linnéenne de Provence.
Rendez-vous à 10h à la Calanque de Callelongue : bus 19 au départ de Castellane jusqu’au terminus Madrague de Montredon puis bus 20 jusqu’à la calanque de Callelongue (terminus).
Ci-dessus, Astragalus tragacantha L., l’une des plantes emblématiques de la région qui sera observée lors de l’excursion.
Dimanche 23 Novembre : Visite du site CLIMED. 9-12h.
Sous la conduite de Jean-Philippe MEVY, MCF HDR (organisation du déplacement en fonction du nombre de participants).
Le site CLIMED (Climate change effects on Mediterranean biodiversity and consequences for ecosystem functioning) est un observatoire labellisé CNRS-SEE Life. Il simule depuis 2011 les prédictions de l’aridification du climat méditerranéen par la mise en place de dispositifs d’exclusion de 30% des précipitations. La répartition des dispositifs (90) tient compte d’une quinzaine d’assemblages naturels entre les 4 espèces ligneuses dominantes (ciste, chêne kermès, romarin et ajonc de Provence) suivant un protocole spatialement répliqué : 2 dispositifs (exclusion-contrôle) x 15 assemblages x 3 réplicas. L’enjeu principal du projet est de quantifier les effets d’une diminution des précipitations (30%) dans une garrigue, sur l’évolution de la biodiversité et ses effets directs et indirects sur le fonctionnement de l’écosystème : comprendre pour anticiper les conséquences des changements attendus.

De gauche à droite : (i) Vue aérienne du site CLIMED ; (ii) Dispositifs d’exclusion de pluie (gauche) et contrôle (droite) ; (iii) CLIMED : un observatoire en périphérie de Marseille
par Brigitte TALON, MCF HDR et Directrice adjointe de l’IMBE.
L’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Écologie marine et continentale (IMBE) est une unité de recherche pluridisciplinaire et intégrative, dédiée à l’étude des systèmes marins, continentaux et de leurs interfaces, dans des zones biogéographiques variées (méditerranéennes, arides, montagnardes et tropicales), et ce, à différentes échelles d’organisation du vivant. Il est né du regroupement de plusieurs laboratoires à forte composante botanique, notamment ceux spécialisés en floristique, phytosociologie, écologie végétale et paléobotanique, qui ont largement contribué à la connaissance de la flore méditerranéenne.
Cet ancrage historique confère à l’IMBE une expertise reconnue dans l’étude des plantes, de leurs habitats et de leurs interactions écologiques. Structuré autour de cinq grands axes thématiques (Biodiversité, Fonctionnement des écosystèmes, Changements globaux, Approche One Health et Solutions fondées sur la nature (SfN) pour les résumer brièvement), l’IMBE mène également de nombreux chantiers internationaux, affirmant ainsi son rôle majeur dans la compréhension et la préservation de la biodiversité à différentes échelles spatiales et temporelles, grâce à la combinaison de diverses approches : terrain, expérimentation, observatoires et dispositifs de suivi.
par Alex BAUMEL, MCF HDR, IMBE
Les taxons de rang spécifique constituent des hypothèses d’espèces. Ces hypothèses sont évaluées par l’étude du polymorphisme et de la différenciation génétique. La délimitation des espèces améliore la connaissance de la diversité et la précision de son identification. Dans le bassin méditerranéen, les études de délimitation progressent de manière très inégale. Les difficultés d’observation et d’identification de certains genres ou complexes d’espèce limitent la mise en commun d’une connaissance taxonomique et même les travaux de recherche. C’est le cas des taxons méditerranéens du genre Romulea, géophytes de la famille des Iridacées.
L’étude de la taxonomie des Romulées méditerranéennes a connu un nouvel élan grâce à un projet récemment lancé par le Conservatoire Botanique National Méditerranéen, le Parc National de Port Cros et l’Institut Méditerranéen de Biodiversité et d’Ecologie. L’objectif principal visait à clarifier la diversité taxonomique des Romulées sur le territoire du parc national. Nous devions donc interroger l’isolement génétique des taxons, confirmer ou rejeter des hypothèses d’hybridation et déterminer les relations de parenté. La mise en œuvre d’un vaste réseau de botanistes a permis de donner une ampleur méditerranéenne au projet pour une mise en commun internationale des connaissances sur la diversité des Romulées. Une première valorisation de ce projet porte sur l’identification et la diversité des Romulées d’une aire tyrrhénienne étendue comprenant 18 taxons.
Enseignant-chercheur à l’université d’Aix Marseille, diplômé de l’université de Grenoble et de Rennes, Alex Baumel réalise ses recherches sur la diversité génétique et la niche écologique des plantes méditerranéennes. Après plusieurs phylogéographies, il conduit ou contribue à plusieurs projets de délimitation d’espèces visant à mieux cerner la biodiversité végétale et son histoire évolutive.
par Laureline LECLERC, Doctorante IMBE.
À large échelle, la rapidité des changements climatiques dépasse les capacités de dispersion ou d’adaptation de nombreuses espèces, les exposant à un risque accru d’extinction. Toutefois, l’hétérogénéité spatiale de certains paysages favorise la formation de mosaïques de microclimats, réduisant les distances entre des conditions environnementales contrastées. Dans le massif de la Sainte-Baume, nos observations révèlent de fortes décorrélations de certains microclimats avec les tendances climatiques régionales.

Tandis que les microclimats « atténués » pourraient offrir des refuges temporaires ou permanents à quelques populations, d’autres microclimats, caractérisés par des conditions amplifiées comparées aux variations régionales, exposent davantage les espèces au réchauffement global.
Ci-dessus : Bau des glacières et Lilium martagon, Massif de la Sainte-Baume. Photos : L. Leclerc.
Laureline Leclerc est doctorante en écologie en troisième année au sein de l’IMBE à Marseille. Diplômée d’un master Biodiversité, Ecologie et Evolution sur les fonctions et la conservation de la biodiversité (Université d’Aix-Marseille, 2022), elle a ensuite occupé un poste d’ingénieure d’étude à l’INRAE de Grenoble (2022-2023). Que ce soit pour le projet ORCHAMP à l’INRAE ou pour SAINTOBS dans le cadre de sa thèse, ses travaux sont empreints de biogéographie. Ils visent à analyser le rôle des variations locales dans la répartition de la biodiversité, en combinant des approches aux échelles populationnelle, communautaire et fonctionnelle.
par Meryem AAKAIRI, Doctorante IMBE, Lauréate du prix Jeunes talents France L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science
Cette présentation s’inscrit dans le cadre de ma thèse, qui explore les relations réciproques entre sociétés humaines et nature dans les paysages culturels du Haut Atlas marocain. En adoptant une approche transdisciplinaire croisant écologie, ethnobiologie et sciences de la durabilité, mes travaux analysent la manière dont les femmes amazighes interagissent avec leurs paysages et ethno-habitats, à travers leurs savoirs écologiques, valeurs et pratiques de conservation.
Ces pratiques, enracinées dans des dimensions matérielles, sociales et symboliques, participent à la durabilité écologique et à la transmission culturelle. L’étude conjointe des données floristiques et des récits locaux met en évidence la valeur relationnelle des liens entre femmes et milieux, ainsi que les adaptations développées face aux changements environnementaux et socio-économiques. Cette recherche met en lumière la contribution essentielle des savoirs locaux à la durabilité des socio-écosystèmes montagnards.

Meryem Aakairi est doctorante en ethnoécologie à Aix-Marseille Université (IMBE/IRD) et à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech. Ses recherches s’inscrivent dans une approche transdisciplinaire croisant écologie et ethnobiologie. Elle s’intéresse aux savoirs écologiques locaux, aux pratiques de conservation et aux valeurs culturelles qui façonnent les paysages du Haut Atlas marocain.
Son projet doctoral, intitulé « Contribution réciproque entre société et nature dans les paysages du Haut Atlas marocain », vise à comprendre comment les pratiques de soin et les valeurs culturelles influencent à la fois la conservation de la biodiversité et les stratégies locales d’adaptation au changement climatique.
par Béatrice BAGHDIKIAN, MCF HDR IMBE/Faculté de Pharmacie
Située à la croisée des sciences de l’homme et de la nature, l’ethnopharmacologie valorise le savoir des médecines traditionnelles. La démarche ethnopharmacologique se déroule en trois temps : un travail de terrain destiné à recenser les savoirs thérapeutiques, un travail de laboratoire visant à valider scientifiquement les usages des remèdes traditionnels et le retour vers le terrain avec le développement de médicaments traditionnels préparés localement.

Cette méthodologie a été appliquée à la valorisation de plantes médicinales récoltées dans le Parc Naturel Régional du Luberon, avec la réhabilitation d’une plante utilisée en médecine traditionnelle provençale et peu étudiée : Pentanema montanum (L.) D.Gut.Larr., Santos-Vicente, Anderb., E.Rico & M.M.Mart.Ort. (basionyme : Inula montana L.), l’inule des montagnes, traditionnellement appelé « Arnica de Provence ». L’alcoolat présente les mêmes propriétés que la teinture d’Arnica : traitement local contre les ecchymoses ou les hématomes et pour soulager les douleurs musculaires et articulaires.
L’étude phytochimique a permis d’isoler et d’identifier 28 composés à partir des capitules et des feuilles de Pentanema montanum dont 19 décrits pour la première fois dans la plante et 6 décrits pour la première fois dans le règne végétal. Sur le plan pharmacologique, la majorité des composés testés in vitro ont des propriétés anti-inflammatoires. De plus, les teintures de Pentanema montanum ont des propriétés anti-inflammatoires équivalentes à celle d’Arnica montana. Des extraits enrichis en molécules actives ont été développés pour une valorisation au niveau cosmétique. Actuellement, un extrait est commercialisé et rentre dans la composition d’une gamme pour la récupération des sportifs. La domestication de Pentanema montanum a été un succès, permettant d’avoir une ressource renouvelable.

L’ensemble de ces résultats a permis l’inscription de Pentanema montanum sur la liste A des plantes médicinales de la Pharmacopée française et permet de proposer une alternative à Arnica, plante menacée et difficilement cultivable.
Après une expérience de 10 ans en R&D dans des laboratoires leaders dans le domaine de la Phytothérapie, Béatrice BAGHDIKIAN, titulaire d’un doctorat en Phytochimie, a intégré en 2008 le service de Pharmacognosie-Ethnopharmacologie de la Faculté de Pharmacie de Aix Marseille Université, en tant qu’Enseignant-Chercheur.
Elle effectue sa recherche à l’IMBE dans l’équipe Ecologie fonctionnelle : des systèmes Socio-écologiques aux Molécules. Ses recherches sont réalisées dans l’axe Environnement et Santé. Ses travaux sont centrés sur les substances naturelles bioactives à visée thérapeutiques, cosmétiques ou alimentaires. Elle recherche et valorise des métabolites secondaires ou spécialisés issus de la biodiversité végétale, sur le territoire de la Provence et également à l’international par exemple au Sénégal, en combinant deux approches : l’ethnopharmacologie et l’écologie chimique.
Par Frédéric GUIBAL, chargé de recherche CNRS, IMBE et Loïc FRANCON, MCF IMBE