Ces termes de botanique désignent les végétaux propagés lors des guerres et des déplacements de population. Une terrible forme de diversité culturelle qui a questionné l’artiste 1011.
Les photographies des régions dévastées lors de la guerre 14-18 ont retenu tout particulièrement l’attention de l’artiste. Elles sont le point de départ d’une réflexion : à quoi ressemblent ces paysages meurtris aujourd’hui ? La nature a-t-elle été résiliente ? Les hommes ont-ils agi pour la reconstruction de la végétation ? Peut-on encore voir les cicatrices de ce carnage aujourd’hui ? Quel serait l’inventaire à établir en 2025 de ces anciens champs de batailles ?
Travaillant en général sur ce qui disparaît, l’intention de l’artiste en résidence est de dessiner un inventaire des plantes de la polémoflore en écho aux images de la Première Guerre Mondiale conservées dans les Archives de la Planète.
À l’heure de la perte massive de la biodiversité végétale, ce projet propose une vision optimiste de la résilience végétale – faire résonner tant la poésie que les mémoires tragiques des lieux.
L’artiste. 1011 est une artiste plasticienne française née en 1970 en Bretagne.
Diplômée de l’Université de Rennes en arts plastiques, elle a travaillé pendant 30 ans pour le musée de Grenoble, en tant que responsable de l’atelier des enfants et médiatrice pour le public handicapé visuel.
Son œuvre, teintée de philosophie, s’intéresse à la soumission de l’homme au déchaînement de la technique et à ses effets considérables dans l’histoire et dans la période contemporaine.
1011 pratique essentiellement le dessin et cherche par son art à dénoncer la perte de la biodiversité. Dans l’esprit des planches naturalistes du 18ème siècle, ses dessins aux crayons de couleur évoquent une réalité contemporaine tragique : la disparition inexorable du monde vivant.
Il reste encore deux mois pour visiter l’exposition qui se tiendra jusqu’au 15 mars 2026 dans la salle des Plaques du Musée départemental Albert Kahn à Boulogne-Billancourt.