Une équipe menée par Christine Strullu-Derrien, chercheur associé au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, et au Natural History Museum, Londres et membre du conseil de la Société Botanique de France vient de publier dans la revue iScience la récente découverte dans les cherts1 de Grand’Croix (Massif Central) d’une nouvelle espèce d’oomycète saprotrophe2, nommée Kamounia striata (Strullu-Derrien et al., 2026).

Ce micro-organisme décomposeur de fragments de plantes est âgé d’environ 307-303 millions d’années (Carbonifère). Cette découverte éclaire un peu plus l’histoire évolutive des oomycètes.

La découverte

Les cherts de Grand’Croix, dans le bassin de Saint-Etienne sont connus du monde des paléobotanistes pour la richesse des plantes fossiles du Carbonifère qu’ils contiennent. Ces fossiles témoignent des tourbières qui se sont formées  au Carbonifère supérieur (323 à 298 millions d’années).

Le géologue et paléobotaniste François Cyrille Grand’Eury (1839 – 1917) est le premier à avoir collecté des plantes fossiles dans ces cherts et publié sur cette flore témoignant ainsi de la grande diversité et de l’état exceptionnel de préservation des structures reproductives des plantes.

Plus récemment, ces mêmes cherts ont été une source très importante de découverte de micro-organismes fossiles, parasites ou saprotrophes, parmi lesquels des oomycètes.

Christine Strullu-Derrien et ses collègues ont ainsi documenté la découverte de Kamounia striata gen. et sp. nov., un oomycète appartenant vraisemblablement aux Peronosporomycetes. Les scientifiques attribuent à ce nouveau taxon fossile une fonction saprotrophe ; il colonise en effet des restes de plantes mortes, contribuant à leur décomposition. Cette découverte complète les connaissances du paléo-écosystème de Grand’Croix ainsi que l’histoire évolutive des Oomycètes.

Photographie en microscopie de l’oomycète saprotrophe Kamounia striata. (A) Vue d’ensemble de l’environnement. Les restes de plantes colonisés sont les parties sombres en haut de l’image (B) Détail des restes de plantes colonisés par les structures sexuées et asexuées (C) Reconstruction tridimensionnelle des structures sexuées à partir de la série d’images obtenues par microscopie confocale à balayage laser Crédit: Strullu-Derrien et al., 2026

Qu’est-ce qu’un Oomycète ? Quelques éléments de définition …

La phylogénie moléculaire distingue les Eumycètes (les champignons), les Oomycètes et les Myxomycètes, et de ce fait ces deux derniers groupes ne sont donc pas considérés comme des fonges.

Les champignons et les oomycètes se ressemblent par leur organisation filamenteuse et leurs modes de vie (croissance, nutrition), mais ils appartiennent à des groupes phylogénétiquement très différents : les champignons sont proches des animaux, tandis que les oomycètes appartiennent aux Straménopiles (Stramenopiles) et sont liés aux algues brunes (Phaeophyceae) et aux diatomées (Bacillariophyta). Les deux groupes se distinguent notamment par la composition de leur paroi cellulaire (chitine chez les champignons, cellulose chez les oomycètes) et par leur reproduction.

Quelques notions d’écologie et de biologie des Oomycètes

Les Oomycètes sont des micro-organismes très communs dans les milieux aquatiques et les sols. Certaines espèces sont saprotrophes, comme Kamounia striata, l’espèce fossile découverte par Christine Strullu-Derrien et ses collègues , mais d’autres espèces, comme celles responsables des maladies du mildiou de la pomme de terre, de la tomate ou de la vigne, sont parmi les principaux ravageurs des agroécosystèmes. Beaucoup d’espèces occasionnent aussi d’importants dégâts chez les animaux (poissons, arthropodes).

Les Oomycètes sont des organismes diploïdes (parfois polyploïdes ou aneuploïdes), avec des hyphes siphonnées (coenocytiques) sans septum sauf à la base d’organes de reproduction. La reproduction peut se faire de manière asexuée et sexuée.

La multiplication asexuée fait intervenir des zoospores, cellules diploïdes munies de deux flagelles nageurs assurant la dispersion de l’espèce dans les milieux humides, mais également capables de s’enkyster et d’assurer la survie en conditions moins favorables.

La multiplication sexuée, quant à elle, intervient sans production de cellules nageuses. L’oogone est la structure reproductrice femelle, une cellule sphérique contenant un ou plusieurs ovules, tandis que l’anthéridie est la structure reproductrice mâle, une cellule en forme de massue qui produit les noyaux des spermatozoïdes. Lors de la reproduction sexuée, l’anthéridie se développe vers l’oogone et forme un tube de fécondation, à travers lequel les noyaux des spermatozoïdes circulent pour féconder les ovules.

1Roches sédimentaires siliceuses.

2Organisme dont la nutrition carbonée provient de matière organique morte ou en décomposition.

Lien vers l’article

Strullu-Derrien, C., Spencer, A.R.T., Gèze, M., Martos, F., De Franceschi, D., Kenrick, P., McLoughlin, S., Selosse, M.-A., 2026. A new occurrence of saprotrophic oomycetes from the ca 307–303 million-years-old Grand’Croix Chert (Massif central, France). iScience 29, 114634. https://doi.org/10.1016/j.isci.2026.114634

Nous vous faisons part de la récente publication aux éditions Koeltz de la

Flore des graminées d’Italie, par Enrico Banfi

Un ouvrage de référence qui couvre les 151 genres, 487 espèces et près de 800 taxons, édité en 3 volumes et rédigé en italien et en anglais, indispensable aux botanistes méditerannéens !

Chaque genre et chaque espèce est introduit par une clé d’identification dichotomique. Des descriptions morphologiques détaillées complètent les illustrations des critères diagnostiques essentiels à l’herborisation.

Vous trouverez également de nombreuses références aux taxons exotiques susceptibles d’être trouvés en Italie.

Un ouvrage de référence en taxonomie qui constitue une synthèse de décénnies de recherche en botanique.

Pour se procurer l’ouvrage

La page de commande sur le site de l’éditeur

309,23 € hors frais de port.

 

 

 

 

La Société Botanique de France est fière de vous proposer la première publication de sa collection « les carnets de terrain »:

Clé d’identification des unités phytosociologiques supérieures de France métropolitaine

(Classes – Ordres – Alliances – Sous-alliances)

par Michel Botineau et Jean-Marie Dupont Continue reading « Parution | Clé d’identification des unités phytosociologiques supérieures de France métropolitaine »

Connaissez-vous la revue Symbioses ?

Symbioses publie en français, au rythme annuel d’au moins un numéro, des articles inédits, de préférence à vocation régionale, dans le domaine de l’histoire naturelle (zoologie, botanique, sciences de la terre, écologie…) et de la muséologie.

Cette revue est portée par l’association ReMuCe constituée de plusieurs structures muséales, qui possèdent chacune des collections d’histoire naturelle (zoologie, botanique, géologie, paléontologie) et de sociétés savantes associées à ces établissements. Basée en région Centre-Val de Loire, elle poursuit l’objectif de favoriser les coopérations entre ces établissements, à des fins scientifiques et de culture scientifique.

Nous vous proposons de découvrir dans le numéro 41 deux articles rédigés par Christophe Bodin, ancien étudiant du DU de botanique devenu un bénévole très actif des milieux associatifs de botanique dans la région Centre.

L’herbier d’Albert Mornet, conservé au Muséum de Bourges, a fait l’objet d’une saisie informatique, qui permet de faire une présentation de son contenu et de préciser la passion botanique de Mornet.

Le jeune et autodidacte Mornet, en difficulté pour l’identification des plantes indigènes, écrit à Boreau, auteur de la Flore du Centre de la France. Ces treize lettres démontrent une approche de sa passion, sa pratique botanique, ses difficultés d’apprentissage.

Retrouvez en cliquant ici l’intégralité du numéro de Symbioses de février 2026 en accès libre

Les demandes d’admission pour la prochaine promotion (rentrée de septembre 2026) du Diplôme d’université « Botanique de terrain » de la Société botanique de France peuvent désormais être déposée sur la plateforme eCandidat de l’Université de Picardie Jules Verne
Cliquez sur le lien suivant pour découvrir la description de l’offre de formation du diplôme d’université
La liste définitive des admis sera connue en juin 2026. Le nombre de places est limité à 20.

Nous avons le plaisir de vous faire part de la publication récente de l’Atlas de la Flore des Terres australes françaises aux éditions Biotope par Pierre Agnola, Lise Chambrin, Flavien Saboureau, Marc Lebouvier.

Lise Chambrin et Flavien Saboureau étaient venus nous présenter le 23 janvier au cours de la séance hivernale de la SBF (le 23 janvier 2026) la diversité des espèces et des habitats que l’on peut trouver au sein de la plus grande réserve naturelle nationale du pays.

Au sud de l’océan Indien, les Terres australes françaises (Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam) constituent des sanctuaires de biodiversité particulièrement préservés qui recèlent un patrimoine naturel exceptionnel.

L’ouvrage

Le guide s’adresse à tous, notamment les scientifiques et les agents déployés sur le terrain, qui ont besoin d’identifier les différentes espèces de plantes dans le cadre de protocoles de recherche ou d’opérations de gestion. Muni d’une clé de détermination simplifiée, et agrémenté de photos et de descriptions détaillées, l’ouvrage permet aux curieux d’enrichir leurs connaissances sur la flore si atypique des Terres australes françaises.

Cet atlas, le premier consacré à la flore de ces territoires, présente une synthèse des connaissances botaniques rassemblées au cours des missions scientifiques qui se sont succédé dans les Terres australes françaises depuis leur découverte. Accessible et richement illustré, il s’adresse à tous les passionnés du vivant, qu’ils soient scientifiques ou simples curieux, fascinés par ces territoires du bout du monde et la singularité de leur flore.

Lien vers la page de consultation de l’ouvrage sur le site des Editions Biotope 

Prix de vente: 45€

Les auteur.ice.s

Pierre Agnola
Ingénieur écologue spécialisé dans la botanique et la gestion des milieux naturels, Pierre a consacré 6 années (2018-2024) à l’étude et à la conservation de la flore des Terres australes françaises au sein de la direction de l’Environnement des TAAF. Après une mission de 14 mois sur l’île de la Possession en tant qu’agent flore et habitat de la réserve naturelle, il a rejoint le siège des TAAF en tant que chargé de conservation et de suivi de la flore et des habitats. Il a participé à plusieurs missions sur les districts de Crozet et Kerguelen. Il a également rédigé la stratégie de lutte relative aux espèces végétales introduites des Terres australes françaises et coécrit le guide des habitats terrestres de l’île de la Possession (Crozet).

Lise Chambrin
Naturaliste et écologue spécialisée dans la conservation des milieux naturels, Lise a découvert pour la première fois les écosystèmes et paysages des Terres australes françaises en 2009, au cours d’une mission de 15 mois à Kerguelen en tant que biologiste de terrain pour le projet de recherche IPEV-136 portant sur la flore et les invertébrés terrestres des îles subantarctiques. Elle a par la suite rejoint la réserve naturelle des Terres australes françaises, en tant que chargée de la conservation de la flore et des habitats. Elle a effectué 8 missions à Kerguelen, Crozet, Amsterdam et Saint-Paul et a ainsi passé 4 ans sur le terrain en compagnie de la flore de ces îles. Elle a également coécrit le guide d’identification des plantes de Crozet et Kerguelen.

Flavien Saboureau
Naturaliste de terrain passionné, Flavien est particulièrement intéressé par les flores insulaires et alpines. Récemment, il s’est spécialisé dans la biodiversité circumaustrale après avoir réalisé une mission de 16 mois sur l’île Amsterdam entre 2021 et 2022. Là-bas, il avait en charge le renforcement des populations de Phylica arborea au sein de la direction de l’Environnement des Terres australes et antarctiques françaises. Dès lors, pour avoir un meilleur regard sur la biodiversité unique de ces territoires, il a pu se rendre dans les 3 autres régions du royaume floristique Antarctique ; à savoir la région Magellanique (Malouines, Terre de Feu, Patagonie), la région Australasienne (île Macquarie, île Campbell, îles Auckland, Nouvelle-Zélande) et la région Fernandezienne (île Robinson Crusoé).

Marc Lebouvier
Ingénieur de recherche CNRS à la Station biologique de Paimpont au sein de l’UMR Ecobio (CNRS – Université de Rennes), Marc a mené dans les Terres australes françaises des recherches sur les invertébrés et les plantes ainsi que sur les conséquences du changement climatique et des introductions d’espèces dans ces écosystèmes terrestres insulaires. Entre 1987 et la fin de sa carrière en 2020 il a effectué 14 missions dans les TAAF, principalement sur Amsterdam et Kerguelen. Il a été responsable du projet de recherche 136 de l’Institut polaire français Paul-Émile Victor de 2002 à 2013 et membre du conseil scientifique de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises de 2009 à 2017. Il a coécrit le guide d’identification des plantes de Crozet et Kerguelen paru en 2020.

Nous avons le plaisir de vous faire part de la publication d’un livre d’un de nos membres, Michel Botineau, aux éditions du Lys Bleu.

 

 

Publié aux éditions du Lys Bleu (20,90 €), disponible à partir du 4 avril 2026.

 

La plante du mois fait son retour ! Cette publication mensuelle propose un focus sur un « végétal (s.l) de saison » : une planche illustrée des principales caractéristiques et un petit article de présentation associé. Pour ce premier numéro au nouveau format de mars 2026, nous vous proposons de reprendre la plante du mois de Janvier 2022 : le gui.

Crédit : Florence Lestrat.

 

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